
Ν.Λυγερού
Δύο άρθρα τεχνικά και ένα ποίημα του κ. Ν.Λυγερού, ο οποίος ασχολείται εντατικά αυτήν την περίοδο για την ψηφοφορία στη γερουσία του νομοσχεδίου, για την ποινικοποίηση της άρνησης των αναγνωρισμένων γενοκτονιών της Γαλλίας.
Η αγάπη των θυμάτων
Ν. Λυγερός
Μετάφραση από τα γαλλικά Βίκυ Τσατσαμπά
Η αγάπη των θυμάτων
σου φαίνεται λίγο αφαιρετική
αλλά τώρα
που έχουμε μια ημερομηνία
μην λησμονείς να την αναφέρεις
στη στιγμή που οι δήμιοι
θα προσπαθήσουν να πείσουν
τους αδιάφορους στη μοίρα τους
επειδή δεν έχουν αισθανθεί στα μάγουλά τους
τα δάκρυα εκείνων που δεν μπόρεσαν να κλάψουν
επειδή δεν είχαν γεννηθεί.
σου φαίνεται λίγο αφαιρετική
αλλά τώρα
που έχουμε μια ημερομηνία
μην λησμονείς να την αναφέρεις
στη στιγμή που οι δήμιοι
θα προσπαθήσουν να πείσουν
τους αδιάφορους στη μοίρα τους
επειδή δεν έχουν αισθανθεί στα μάγουλά τους
τα δάκρυα εκείνων που δεν μπόρεσαν να κλάψουν
επειδή δεν είχαν γεννηθεί.
Le vote des Justes
N. Lygeros
Lorsque quelqu'un vous menace, c'est déjà un signe de faiblesse de sa part car il tente de vous influencer indirectement.
S'il en avait les moyens, il le ferait sur-le-champ.
C'est aussi la technique des pays qui pensent pouvoir jouer dans le terrain des grands en prenant des manières de ce type, faute de pouvoir les mettre en place.
De plus, ces pays pensent être capables de bafouer les droits de l'Homme sans subir aucune répercussion.
C'est ainsi que la Turquie dans son code pénal, article 301, interdit toute mention au génocide des Arméniens, sous peine d'emprisonnement de 10 ans.
Non contente d'opprimer et d'aliéner l'histoire de manière pénale, elle accuse la politique française de marcher dans le terrain de l'histoire.
Pour ceux qui ne connaissent pas les manières de la diplomatie turque, cela n'a non seulement rien de choquant mais ils retrouvent aussi leurs propres réflexes de résistants contre le système.
Le ridicule de la situation, c'est que l'appareil du régime turc appartient à la catégorie des systèmes les pires qui soient, et ce, à l'échelle mondiale même pour des organisations non-gouvernementales comme Amnisty International.
Quant aux autres pays, surtout s'ils ont eu affaire avec la Turquie, ils connaissent très bien toutes les notes de la marche à la turque.
Aussi ses manières d'agir mais encore plus de paraître, ne les surprennent aucunement.
La Turquie aura beau tergiverser, le problème de la pénalisation de la négation du génocide représente bien un problème pour un pays qui protège les droits de l'Homme.
Quant à la proposition de loi, telle qu'elle est formulée, elle constitue une problématique uniquement française.
Aussi les députés et les sénateurs français sont dans leur droit le plus total pour juger de sa pertinence.
S'ils sont influençables, c'est un problème humain, s'ils sont influencés par les menaces de la Turquie alors il s'agit d'un problème de dignité.
Car personne ne les a obligés à devenir députés ou sénateurs.
S'ils ont obtenu ces fonctions, c'est pour les remplir au service de la France et non de chaque pays désireux d'influencer d'une manière ou d'une autre leur jugement.
Ainsi la problématique de cette loi n'est pas de nature diplomatique comme certains tentent dans le présenter afin de parler de répercussions politiques.
Il s'agit purement et simplement d'une question de dignité humaine mais non pas d'un génocide quelconque, mais de celui des députés et des sénateurs français.
La proposition de loi a été votée à l'Assemblée aussi le Sénat se positionne strictement par rapport à cela.
Le problème ne concerne ni les Arméniens ni les Turcs mais bien les Français. Il ne concerne en tant que dilemme ni les victimes, ni les bourreaux car nous connaissons déjà leur rôle.
Il ne s'agit que d'une question posée aux Justes. Ils doivent à présent se positionner en tant que Justes par rapport à un crime contre l'Humanité, un crime nommé Génocide.
C'est par rapport à lui que les sénateurs seront ou pas ce que nous appellerons par la suite des Justes.
Le combat continue
N. Lygeros
Le combat continue ! Tel aurait été le mot d'ordre d'un homme comme Albert Camus, s'il avait pu être témoin du débat en France de la proposition de loi sur la pénalisation de la négation des génocides.
Car rien n'est joué encore.
Et cette proposition de loi représente bien un acte de résistance par rapport au système de la barbarie, contre lequel il a toujours lutté.
Pour ceux qui mélangent tout, Albert Camus est un point de référence afin de ne pas tomber dans l'absurde.
Car ici l'absurde constituerait la fin d'un processus.
Certains sont capables de défendre les bourreaux et de faire des amalgames, pour justifier leur inaction face à un problème de dignité humaine.
Alors qu'il leur suffirait de se demander quelle serait la position d'Albert Camus. S'ils se contentent d'écouter les menaces d'un premier ministre d'un pays qui n'a toujours pas accepté l'existence d'un multiple génocide qui a eu comme victimes des Arméniens, des Assyro-Chaldéens, des Juifs et des Pontiques, alors c'est certain, leur opinion sera nécessairement absurde.
Aussi nous ne pouvons pas nous suffire d’un tel positionnement dépourvu de sens, sur le plan des droits de l'Homme.
La proposition de loi est cohérente dans le sens où elle complète le processus de la reconnaissance des génocides.
De plus, elle met en évidence le fait que ce qui gêne véritablement les états coupables du génocide de la mémoire, ce n'est pas la reconnaissance qui demeure avant tout symbolique mais bien la pénalisation, car seulement cette dernière a un coût réel.
De cela, ils en sont bien conscients lorsqu'ils tentent de corrompre ou d'acheter les hommes politiques.
La notion d'homme révolté, développée par Albert Camus, est fondamentale pour comprendre les faits qui sont en jeu dans le cadre de cette proposition de loi.
La prise de position dans des moments de crise, ou même d'état d'urgence, représente le critère véritable pour juger un homme politique dans son rôle.
Et la France, ne serait-ce qu'avec Jean Jaurès, a déjà donné le ton de sa contribution dans la lutte contre les crimes contre l'Humanité, à l'époque où la notion de génocide n'avait pas encore été inventée par Raphaël Lemkin.
À présent, les hommes politiques français doivent prendre la relève et monter au créneau pour défendre nos positions sur les droits de l'Homme.
Il ne s'agit aucunement de donner des leçons comme l'affirment certains hommes de main de pacotille, mais bien de ne pas oublier les pages de l'histoire même si celles-ci font partie des plus noires.
Des hommes comme Albert Camus représentent des signets pour l'humanité.
Car malgré les actes d'oubli et d'indifférence, leur esprit est toujours parmi nous pour nous rappeler à l'ordre de la dignité humaine et nous montrer ces pages que certains voudraient nous voir oublier sans préciser que de cette manière nous tuons pour une seconde fois, mais cette fois, de nos propres mains, leur mémoire.
Pour ne pas être coupable, c'est facile lorsque nous sommes nés des décennies après le crime, mais c'est difficile de ne pas être un collaborateur des bourreaux, car il est nécessaire cette fois de combattre le génocide de la mémoire.
La pénalisation de la négation, c'est justement l'une de nos armes.
Voilà pourquoi le combat continue, à la mémoire des victimes en hommage aux Justes du passé.


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